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Tchad: combats pour Abéché plublié par France3.fr le 26.11.2006 à 15:15

Les forces armées tchadiennes ont affirmé avoir repris dimanche le contrôle de la ville d'Abéché

Samedi, les rebelles de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) avaient pris le contrôle de cette ville. Abéché est située près de la principale route menant à la capitale, à 600 km à l'ouest.

L'ambassade de France au Tchad a fait savoir dimanche qu'une colonne "rebelle" progressait vers la capitale N'Djamena

"La situation militaire a brusquement évolué en fin de matinée. La  progression d'un importante colonne rebelle est confirmée dans la région du  Bata, en direction de l'ouest du pays", a affirmé l'ambassade dans un communiqué  transmis remis à l'AFP.
   


"De ce fait, la perspective de combats dans la grande périphérie de  N'Djamena n'est pas à exclure dans les prochaines vingt-quatre heures. En  conséquence, cette ambassade demande aux ressortissants français de N'Djamena de  ne pas quitter leur domicile dès la tombée de la nuit", a-t-elle poursuivi.



Selon une source militaire à N'Djamena, ces rebelles font partie du  Rassemblement des forces démocratiques (RAFD), un groupe qui a pris position samedi  dans deux localités de l'est du Tchad, non loin de la frontière soudanaise,  Biltine et Am Zoer.



Un autre mouvement rebelle, l'Union des forces pour la démocratie et le  développement (UFDD), a interrompu dimanche matin sa nouvelle offensive contre  le régime du président Idriss Deby Itno en quittant la ville d'Abéché, à 700 km  à l'est de N'Djamena, qu'il occupait depuis la veille.



Selon une source officieuse à l'état-major des armées françaises, les quelque 150 militaires français stationnés à  Abéché (est) sont restés dans leur camp près de l'aéroport pendant la durée des  combats, samedi. Les forces françaises "sont restées dans le périmètre de (leurs) actions de  renseignement et de soutien logistique", a souligné cette même source.

 

Les avions du dispositif français Epervier poursuivent "en permanence" leurs  vols de reconnaissance, toujours selon la même source.

 

Déployé au Tchad depuis 1986, "Epervier" compte actuellement quelque 1.100  hommes et effectue notamment des missions de surveillance aérienne, dans le  cadre des accords de coopération militaire de la France avec le Tchad, qui  prévoient des échanges de renseignements et un soutien logistique et médical.
   

L'essentiel du dispositif est basé dans la capitale N'Djamena, avec quelque  950 hommes. Il est doté d'un appui aérien composé de six chasseurs Mirage F1,  trois avions de transport tactique Transall C-160, d'un avion ravitailleur  C-135, deux avions de reconnaissance Breguet Atlantique et trois hélicoptères  Puma.


Un pays déstabilisé

Le Tchad, enclavé entre la Libye (au nord), le Soudan (à l'est), le Centrafrique (au sud-est), le Cameroun (au sud-ouest), le Nigéria et le Niger (à l'ouest), est déstabilisé par la guerre civile qui sévit depuis 2003 au Darfour, province du Soudan riche notamment en pétrole, uranium et cuivre. Plus de deux millions de personnes originaires du Darfour se seraient ainsi réfugiées dans l'est de l'ancienne colonie française.



Les autorités tchadiennes accusent le gouvernement soudanais de laisser s'infiltrer au Tchad des rebelles à partir de son territoire (le Soudan a également formulé des accusations similaires à l'égard de son voisin occidental). A plusieurs reprises au printemps dernier , des miliciens, présentés comme des Arabes djandjaouites et aidés par des recrues locales, auraient massacré des dizaines de personnes en territoire tchadien. Ces informations sont confirmées par l'organisation américaine des droits de l'homme, Human Rights Watch. "Les milices soudanaises s'introduisent de plus en plus loin à l'intérieur du territoire tchadien. Ils pillent et ils tuent des villageois", affirmait ainsi en avril son responsable pour l'Afrique.



Les Djandaouites, dont le nom signifie en arabe "diables à cheval", sont également tenus pour responsables de massacres, de viols et et de pillages contre les populations noires de cultivateurs sédentaires du Darfour. Ces milices appuiraient les troupes gouvernementales soudanaises qui se battent contre les rebelles du Darfour (ceux-ci demandent plus d'autonomie et un partage équitable des ressources, essentiellement pétrolières).



En mai dernier, "Le Journal du Dimanche" avait affirmé que les miliciens intervenus au Tchad en avril à partir du Soudan seraient financés et armés par Pékin. "L'implication des Chinois dans cette opération a une simple explication: le pétrole", écrivait l'hebdomadaire.



Le pétrole tchadien


De fait, Pékin est très intéressé par l'or noir du continent africain. Et notamment celui 
produit au Tchad...

Le Tchad, qui est l'un des pays les plus pauvres du monde, produit 200.000 barils de brut par jour. Son pétrole est notamment exploité dans le nord par un consortium composé des américains Chevron-Texaco et ExxonMobil, et du malaisien Petronas. Il est exporté depuis 2003 via le Cameroun. En octobre 2004, ces compagnies avaient été accusées de "piller les ressources" du pays en bradant notamment ses barils sur le marché.



Il y a sept ans, un accord était intervenu avec la Banque mondiale. Accord présenté comme un modèle du genre. N'Dj'aména s'était alors engagé à réserver l'essentiel de ses pétrodollars à des projets de développement en matière de santé, d'éducation ou  d'infrastructures. Il s'agissait aussi d'en affecter une partie à un "fonds pour les générations  utures". Mais le régime tchadien, confronté à une grave crise financière et  menacé par la rébellion, souhaite désormais disposer de ces revenus à sa guise. Il avait alors engagé un conflit avec la Banque mondiale. Il a obtenu satisfaction à l'issue de ce conflit qui a duré plusieurs mois



"Le combat engagé pour le contrôle de nos ressources est un combat national  qui doit mobiliser tous les Tchadiens au-delà de leurs clivages politiques", affirmait fin août le président Idriss Deby. Il avait alors accusé le consortium américano-malaisien d'avoir engrangé depuis 2003 un chiffre d'affaires de 5 milliards de dollars pour 3 milliards  d'investissements, tandis que le Tchad n'a obtenu selon lui que la "broutille" de 588 millions de dollars. Fin août, Idriss Dzeby, avait ordonné le départ des compagnies pétrolières. Un accord était finalement intervenu entre les deux parties: le consortium avait pu reprendre ses activités après s'être engagé à payer l'impôt sur les sociétés.



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