Infos sur le Tchad

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Infos sur le pétrole Tchad

Infos Nouvelles 2008

Un pays en guerre

Les crises se suivent et se ressemblent dans ce pays en état latent de guerre. La prise de pouvoir semble être l’unique objectif des différentes rébellions au détriment de la population, une des plus pauvres au monde. L’Église donne de la voix pour appeler à la paix.

Le mirage du pétrole



Comme beaucoup de pays africains, le miracle des ressources naturelles tarde à se manifester. Alors que l’or noir coule à flot depuis cinq ans, les désillusions se sont multipliées. Le Tchad reste marqué par la pauvreté, avec une espérance de vie qui dépasse à peine 50 ans. Les promesses des compagnies pétrolières et des autorités, notamment en investissements sociaux, se font toujours attendre. 85 % des recettes directes du pétrole devaient être affectées à des activités prioritaires de réduction de la pauvreté. Or, on a assisté à une flambée des prix des denrées de première nécessité et des loyers. 

A cette situation économique catastrophique s’ajoutent diverses rébellions, à l’est et au sud du pays, des épisodes violents tels que la quasi-chute de N’djamena début février et des migrations de populations provenant du Soudan et de Centrafrique, le fiasco de l’Arche de Noé venant compliquer, si besoin était, les relations avec la France, très présente encore malgré la multiplication des acteurs étrangers dans le pays. 

(AED-Info, 06/2008)



Droits de l’homme



La FIACAT, la Fédération Internationale de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture, se dit « fortement préoccupée » par les opérations d’intimidation qui visent les défenseurs des droits de l’homme à N’Djamena.

Même si la situation s’est relativement apaisée depuis l’offensive manquée d’une coalition de mouvements rebelles contre la capitale les 2 et 3 février 2008, de nombreux défenseurs des droits de l’homme sont toujours régulièrement intimidés ou agressés à N’Djamena. 
Selon la FIACAT, des agents des Renseignements généraux ciblent délibérément les membres de la société civile pour entraver leurs actions et leurs enquêtes sur la disparition de membres de l’opposition.

Le chef de l’État tchadien s’est engagé, le 27 février 2008, à créer une Commission d’enquête internationale qui aura notamment pour mission d’éclaircir le cas des dirigeants de l’opposition tchadienne arrêtés lors de l’attaque rebelle. Mais pour la FIACAT, la composition de cette commission ne semble pas donner toutes les garanties d’indépendance et d’impartialité. 
L’organisation dénonce les actions qui visent à « museler les membres de la société civile ou à les pousser à se réfugier à l’étranger ». Elle demande enfin aux autorités tchadiennes de respecter leurs engagements en aidant à faire toute la lumière sur les derniers évènements et en n’entravant pas le travail des défenseurs des droits de l’homme.

(APIC, 05/03/2008)


L’Église se bat pour la paix



Dans un pays confronté à des violences récurrentes, l’Église a profité de Noël pour jouer une fois encore son rôle de conscience morale, en publiant un message intitulé « Pour une vraie paix ». Coutumiers des interpellations « musclées » adressées aux gouvernants comme aux opposants armés, les évêques y dénoncent les affrontements meurtriers, mais plus généralement le climat de « frustration ressentie par certains du fait du mépris des autres ». « Au lieu d’apporter des remèdes à ces problèmes, les forces de sécurité deviennent alors de vraies forces d’insécurité sans foi ni loi, en toute impunité ». Dans ce pays où l’islam est puissant, les évêques appellent les religieux de toutes confessions à « être la conscience morale de la nation », notamment « quand les responsables politiques et militaires sont dépassés par les situations qu’ils ont contribué à faire naître ». 

Ils citent le corollaire de la violence : corruption, ethnisme, désintérêt de la population pour la chose publique. Pourtant, « des citoyens tchadiens continuent d’aspirer à la paix, envers et contre tout », constatent les neuf évêques. Aux chrétiens, « la Parole de Dieu redonne courage et ouvre des voies de solutions à notre portée si nous avons la volonté commune, enfin, de sortir de nos blocages ». 

Dans son homélie de Noël, Mgr Mathias Ngarteri s’interroge : où est Jésus aujourd’hui pour les Tchadiens ? « Il est l’un de ces 103 enfants (de l’Arche de Zoé), objets de marchandage, répond-il. C’est le soldat en guerre, mutilé, qui gît encore dans son sang, sans soin. C’est le jeune Tchadien dont l’avenir est compromis parce que l’éducation devient impossible ». « Il y a quand même l’espérance chrétienne, tant que des gens continuent à agir, à prier, à parler. C’est le moteur principal pour nous », déclarait-il.
(LC, 26/12/2007) 



Nécessité du dialogue



« Il n’est jamais trop tard pour commencer le dialogue! », écrivent les évêques du Tchad dans leur message de fin d’année, dont le fil conducteur est un appel inexorable à la paix. 

« Un regard lucide et courageux sur notre pays (…) doit nous aider à réaliser que la guerre ne résout rien », peut-on lire dans le message de la Conférence épiscopale, présidée par Mgr Jean-Claude Bouchard, évêque de Pala. « Le Tchad est un pays brisé par la guerre. Toute son histoire comme pays indépendant, dès le commencement, est semée de conflits armés. Ces conflits, loin de résoudre les questions du développement et de la concorde nationale, ont plongé le pays dans l’horreur et la terreur », poursuivent-ils, se référant également à la situation de conflit qui trouble le pays depuis environ un an, avec l’émergence de rébellions armées basées dans l’Est et dont l’objectif est de renverser le président Idriss Déby.

S’adressant à cette opposition armée, les prélats rappellent qu’ils ne peuvent « adhérer au choix de la guerre, qui n’engendre que haine et vengeance, larmes et souffrances », bien conscients cependant de la « détérioration des relations à l’intérieur de l’administration du pays et à la généralisation de la mauvaise gouvernance ». 

Les prélats demandent au gouvernement de N'Djamena que soient mises en place les structures efficaces de dialogue social et politique, sans exclure personne, et que tout soit fait également en vue d’un partage équitable des biens de la terre et du sous-sol de notre pays, qui sont trop souvent objet de convoitise et obstacle à la paix. 
Les évêques tchadiens regrettent les intérêts divergents des responsables politiques qui n’ont rien à faire avec l’intérêt du peuple. "Il est grand temps que cesse cette course à l’Afrique, comme si c’était une terre abandonnée à toutes les convoitises. Les Tchadiens sont las de s’entredéchirer. En tant que responsables religieux, nous suivons avec grande attention la lutte acharnée actuellement en cours pour le contrôle des ressources énergétiques de la planète. Nous sommes conscients que bien des tragédies sont le produit de cette lutte sans merci".
Et les évêques, cités par Misna, de conclure : 
« Cessez de souffler sur nos divisions ».

(APIC, 03/01/2007)



Appel de Benoît XVI



« Je remercie le Saint Père pour son message de solidarité et son soutien exprimé à la population du Tchad en ce moment difficile », a déclaré Mgr Pierre Nguyên Van Tot, nonce apostolique au Tchad. 

A l’audience générale du 6 février 2008, le pape Benoît XVI a lancé un appel suppliant aux combattants du Tchad pour qu’ils déposent les armes : « En ces jours, je suis particulièrement proche des chères populations du Tchad, bouleversées par de douloureuses luttes intestines, qui ont causé de nombreuses victimes et la fuite de milliers de civils de la capitale. Je confie aussi à votre prière et à votre solidarité ces frères et sœurs qui souffrent, demandant que leur soient épargnées des violences supplémentaires et que l’assistance humanitaire nécessaire leur soit assurée, tandis que j’appelle un appel suppliant pour que l’on dépose les armes et que l’on parcourre la voie du dialogue et de la réconciliation ». 

« Nous avons transmis le message du Pape aux évêques du Tchad qui l’ont accueilli avec joie parce qu’ils ont vu réalisé leur désir d’entendre la parole du Saint Père sur les derniers événements du Tchad », dit le nonce. « La plupart des diocèses du pays n’ont pas été touchés par la guerre car le Tchad est un pays très vaste où les distances sont énormes. Cependant, les évêques ont mobilisé la communauté catholique pour prier sans cesse pour la paix. Par exemple, l’évêque de Goré, Mgr Rosario Pio Ramolo, a fait exposer le Saint Sacrement et a promis des temps de prière pour la paix.

(Fides, 08/02/2008)


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Tchad

Un peu d’histoire



Limité par des territoires très anciennement islamisés à l'Ouest, au Nord et à l'Est (Nigeria, Niger, Libye et Soudan) et par deux pays plus christianisés dans le Sud (République Centrafricaine et Cameroun), le Tchad a subi très tôt l'influence de l'Islam dans toute sa partie septentrionale et, plus tard, celle du Christianisme, dans sa partie méridionale.

Les missions protestantes sont arrivées au Tchad dès 1923, bien avant les catholiques. Elles y ont beaucoup travaillé, bénéficiant de l’intérêt des élites et formant les cadres autochtones, évangélistes, diacres et pasteurs, bien avant que ne s’ouvrent les premiers collèges ou séminaires de l’Église de Rome. C’est de la République Centrafricaine, alors Oubangui-Chari que sont venus les premiers missionnaires chrétiens : pasteurs protestants de la Mid-Africa-Mission à Balimba (dans le moyen Chari, près de l’ex-Fort Archambault, aujourd’hui Sahr) en 1923, et pères du Saint Esprit de Bangui à Kou, dans le Logone en 1929. 

En 1931, un ancien officier devenu jésuite, le père Frédéric de Bélinay, alerté par un jeune lieutenant sur le vide chrétien quasi total de cet immense territoire tchadien, entreprend auprès des autorités civiles, militaires, ecclésiastiques et religieuses les démarches qui aboutiront, quinze ans plus tard, à la fondation de la Mission Jésuite du Tchad.

Entre temps, en 1933, les Pères Capucins relayent, à Doba, 150 km au Nord Est de Kou, puis à Moundou, 100 km à l'ouest de Doba, les Pères du Saint Esprit, trop chargés par leurs Missions du Congo et de l'Oubangui. 

En 1938, le père de Belinay commence, comme aumônier militaire, une série de tournées qui le conduiront à dos de chameau du Nord au Sud du Tchad, entre 1935 et 1939. Durant la guerre de 39- 45, plusieurs aumôniers militaires, Spiritains, prêtres du Sacré-Cœur, Capucins, traversent le Tchad avec les troupes du Général Leclerc. L'un d'eux, le Père Bernard, séjourne à Fort-Lamy (actuelle N'Djamena) où il fonde, pratiquement, la première paroisse. Dans le Sud, les pères Capucins mobilisés sur place, poursuivent l'évangélisation des Ngambay et Sara. 

En 1946, enfin, les pères Oblats de Marie Immaculée et les Pères Jésuites s'installent au Tchad. Il y eut un moment de désarroi lorsque la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide se fiant à d'anciennes cartes où la colonie de l'Oubangui-Chari englobait encore les régions du Logone et du Moyen Chari, attribua tout le Tchad aux Jésuites. Sans s'en rendre compte, Rome chassait ainsi Capucins et Oblats du Tchad. Ce fait souligne bien qu'alors, le Tchad était encore « terra incognita » pour l'administration de l'Église. 

En 1951, Rome ayant enfin modernisé sa documentation géographique, put avoir lieu la répartition des régions du Tchad entre Capucins, Oblats et Jésuites. Les Capucins devaient gérer le diocèse de Moundou, les Oblats celui de Pala et les Jésuites celui des Forts Archambault et Lamy (séparés en deux diocèses en 1961).

Aujourd'hui, le Tchad se divise en sept diocèses et une préfecture apostolique. Trois sont administrés par des évêques tchadiens (archidiocèse de N'Djamena ; diocèses de Sahr et Moundou) et cinq par des religieux étrangers (deux comboniens : un italien à Doba, un espagnol à Laï ; un oblat canadien à Pala ; un capucin italien à Goré (Mgr Ramolo) et un jésuite français pour la Préfecture Apostolique de Mongo).
(PdM, 06/2007)

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